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À Bordeaux, elles abandonnent les masques en tissu : la source de revenus s'est tarie

Par Bryan Nardelli Publié leActu BordeauxVoir mon actu

Le 11 mai 2020, le port du masque devient obligatoire dans les transports pour freiner la propagation du Covid-19.

Alors que les masques chirurgicaux restent rares en magasin, l’Afnor (Association Française de NORmalisation) donne ses préconisations pour fabriquer soi-même son masque en tissu.

Dans la foulée, de nombreux commerçants locaux se prêtent au jeu et croulent sous les commandes.

Le masque en tissu se fait plus rare en 2022

Mais plus d’un an plus tard, il suffit d’observer les passants dans la rue pour se rendre compte que le masque en tissu n’a plus le vent en poupe.

Malgré la possibilité de les réutiliser, ils sont considérés comme n’étant pas assez protecteurs, trop cher ou même désagréables à porter. Peu à peu, ils sont remplacés par l’arrivée en masse de masques chirurgicaux, certes non réutilisables, mais beaucoup moins cher.

À Bordeaux, la centaine de commerçants qui se sont lancés en 2020 dans la fabrication de masques en tissu sont encore répertoriés sur le site masques-fabrication-gironde.fr.

Malgré les revenus générés par la production de ces masques, une partie d’entre eux ont définitivement abandonné leur fabrication.

Une nouvelle source de revenus

En mars 2020, la fermeture des établissements oblige Morgane Thiebaud, gérante de la boutique de sacs à main Thimo, à trouver un nouvel emploi.

Grâce à son expérience dans la confection de masques, elle se met alors à travailler pour une association située à Bègles qui collabore avec des couturières. Son quotidien : fabriquer des protections en tissu contre le Covid-19 qui sont ensuite revendus à Bordeaux Métropole.

À Bordeaux, elles abandonnent les masques en tissu : la source de revenus s'est tarie

« Pendant trois mois, j’ai fabriqué 500 masques par semaine. Ils étaient rémunérés 1,70 €. Autrement dit, j’étais payée plus de 1 500 € par mois, alors que dans mon ancien travail, je gagnais le Smic », ajoute la couturière.

« J’ai dû refuser des commandes »

Nathalie Moreau, gérante de FaNa de Bordeaux, s’est retrouvée dans une situation similaire. Quotidiennement, elle confectionne des calots pour les dentistes. Mais très vite, elle s’est sentie obligée de fabriquer ses propres masques.

« Je l’ai fait pour aider des amis infirmiers qui avaient besoin de masques, mais qui ne savaient pas coudre. Après, j’ai aidé ici dans mon quartier comme je pouvais », explique la couturière.

La vente de ses masques lui a permis de compenser l’arrêt de son travail.

« Ça m’a payé mes fournitures, j’ai rentabilisé mon matériel, puis j’ai vendu mon stock. Et puis de cette manière, j’ai pu continuer de travailler et garder le rythme pendant les deux mois où j’étais à l’arrêt », ajoute l’auto-entrepreneuse.

De nouveaux clients

« J’ai fabriqué environ 3 500 masques vendus six euros l’unité entre le premier confinement et la fin de l’année », explique Aurélie Delisle, gérante de l’atelier de couture Rue des nuages.

« Mon activité principale, c’est de donner des cours de couture et comme beaucoup, je n’ai pas pu travailler pendant deux mois. Vendre ces masques, ça a permis de compenser, ça a été ma source de revenus », ajoute-t-elle.

Même si pour certaines, cette production n’a pas eu d’impact sur la fréquentation de leur commerce, ce n’est pas le cas d’Aurélie. Celle dont l’activité repose principalement sur les cours de couture a vu débarquer une nouvelle clientèle grâce à la pandémie.

« Beaucoup de monde s’est mis à fabriquer ses propres masques, et du coup mes cours de couture se sont fortement développés après les confinements. Certains ont commencé la couture en fabriquant des masques et sont venus prendre des cours ensuite pour produire autre chose », explique la gérante de Rue des nuages.

« Aujourd’hui, il n’y a plus assez de demande »

« J’ai aidé les gens qui en avaient besoin sur l’instant et après, j’ai arrêté. Ensuite les masques jetables sont arrivés et les gens se sont détachés du tissu », résume Nathalie Moreau.

La fabrication de masque en tissu a été intense, mais brève. Alors que les commandes se multipliaient, une nouvelle norme sanitaire est venue précipiter l’arrêt de la production.

À lire aussi

En janvier 2021, pour faire face à l’émergence des nouveaux variants, Olivier Véran annonce que « le Haut conseil de la santé publique recommande aux Français de ne plus utiliser le masque artisanal qu’on a fabriqué chez soi ».

C’est à ce moment-là, qu’Aurélie Delisle et de nombreux autres commerçants, ont décidé de mettre un terme à leur production : « Les masques artisanaux ont été interdits dans les écoles et les entreprises, les demandes ont diminué et j’ai arrêté d’en produire. »

« Après ça, on n’avait plus besoin de nous pour fabriquer des masques », conclut Morgane Thiebaud.

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