20 livres à lire en janvier 15 livres pour comprendre l’Italie

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Florian Louis
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Camille Lefebvre, À l’ombre de l’histoire des autres, éditions de l’EHESS

« Quel regard une historienne porte-t-elle sur un passé qui lui est proche, si proche qu’il est le sien ou celui des siens ? De quelle manière la mémoire familiale et la profession historique peuvent-elles se nouer l’une à l’autre, sans se confondre ?

Entre archives publiques et privées, entretiens et travaux scientifiques récents, Camille Lefebvre reconstitue les trajectoires de ses quatre grands-parents, hommes et femmes ordinaires trébuchant sur des événements extraordinaires. Se dessinent des parcours de chair et d’os, qui relient Oran aux confins de la Bessarabie, les campagnes de la Seine-Inférieure aux prisons franquistes.

Le récit de ces vies marquées, parfois brisées, par les pogroms, la colonisation, les guerres, la Shoah, l’engagement communiste et la Résistance, illustre ce que peut nous faire l’histoire, mais aussi ce que nous pouvons faire d’elle. »

Parution le 20 janvier.

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Matthias Bormuth, Schreiben im Exil. Porträts, Wallstein

« L’écriture en exil est un sujet politique au « siècle des extrêmes » dont témoignent les essais réunis dans ce livre. Gottfried Benn et Felix Hartlaub ont écrit pour le tiroir-caisse en Allemagne, tandis que Hans Scholl a fait de la résistance intellectuelle. Thomas Mann portait un regard largement courroucé sur l' »émigration intérieure » et ne revint que brièvement de l’exil dans les deux parties de l’Allemagne. Erich Auerbach esquissa à partir de 1942 à Istanbul le motif de la passion dans la littérature mondiale. Pour Stefan Zweig, cela se termine au Brésil par son suicide. Karl Popper a étudié les prémisses philosophiques de la pensée totalitaire en Nouvelle-Zélande à partir de 1945, tandis que les œuvres d’Ossip Mandelstam et de Gustaw Herling en démontrent les effets politiques après la révolution d’octobre et pendant la guerre froide. »

Parution le 5 janvier.

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Sonia Bledniak, Isabelle Matamoros et Fabrice Virgili (ed.) – Chroniques de l’Europe, CNRS Éditions

« Retracer six siècles d’histoire de l’Europe en quelque 120 dates et plusieurs centaines de documents : tel est le défi que relèvent ces Chroniques.

Loin d’inventorier les « grandes dates qui ont fait l’histoire », cet ouvrage préfère mettre en lumière celles que l’on connaît moins. On y découvre, entre autres, l’adoption de l’écriture romaine dans l’imprimerie dès 1470, l’entrée de la tomate dans la cuisine européenne en 1613, l’exécution de la dernière sorcière en 1782, les luttes pour la diminution du temps de travail en 1817, le vote des femmes en Finlande en 1906, la première victime du mur de Berlin le 22 août 1961, le lancement de la fusée Europa II en 1971.

Les historiennes et historiens – des techniques, du politique, de l’environnement, des idées, du genre, des arts, de l’économie – ici réunis, ont bien voulu se prêter à un exercice original : choisir un événement qui fait sens à l’échelle de l’Europe, puis, documents et repères chronologiques à l’appui, en faire le récit et rendre compte de ses résonances à travers le temps et l’espace. »

Parution le 20 janvier.

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Pierre Bourdieu, Microcosmes. Théorie des champs, Raisons d’agir

« Ce livre constitue une occasion unique de saisir l’une des dimensions les plus innovantes de l’euvre de Pierre Bourdieu, moins connue mais non moins importante que les notions d’habitus ou de capital culturel : la théorie des champs, dont on trouve des formulations partielles dans nombre de ses travaux depuis La Distinction (1979).

La notion de champ sous-tend en réalité de manière plus ou moins explicite toute son oeuvre et fournit un instrument d’analyse qu’il mobilise sur un ensemble de domaines très diversifiés : la religion, la culture, la littérature, l’art, le monde académique, l’économie, la famille, le pouvoir, le patronat, etc. Tous ces objets sociaux particuliers sont en effet justiciables d’une analyse en termes de champ, une analyse relationnelle qui fait apparaître les forces qui les différencient et les séparent en même temps que les luttes spécifiques qui sous-tendent leur unité interne.

Pierre Bourdieu voulait proposer sous la forme d’un livre une synthèse provisoire permettant de faire apparaître la force opératoire et la cohérence théorique de ce concept inlassablement mis à l’épreuve de la réalité sociale tout au long de sa vie scientifique. Interrompu en 1995, ce projet est resté inachevé et le présent ouvrage est une tentative d’en proposer une réalisation approchée en s’appuyant sur les notes qu’il a laissées, sur les textes originaux qu’il a écrits dans ce but et sur une collection raisonnée d’articles qu’il souhaitait retravailler comme à son habitude dans la perspective de les intégrer à son livre.

Ce livre, voulu par son auteur et refait sans lui, pour lui, est un livre incontournable pour saisir la portée de son œuvre. On ne peut réellement comprendre et saisir la portée des travaux les plus connus et les plus reconnus de Bourdieu sur la théorie de la pratique (habitus, dispositions, etc.) et sur la structuration de l’espace social (en fonction des capitaux culturels, économiques, sociaux, symboliques), sans les rapporter à la théorie des champs qui vient compléter le système conceptuel, scientifique et méthodologique, d’un auteur qui a révolutionné durablement les sciences sociales. »

Parution le 21 janvier

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Anthony Pagden, The Pursuit of Europe. A History, Oxford University Press

« The Pursuit of Europe raconte l’histoire de l’évolution du « projet européen », depuis la fin des guerres napoléoniennes, qui a vu la première création d’un « concert européen », jusqu’au Brexit. La question était de savoir comment, après des siècles de conflits internes, créer une Europe unie tout en préservant l’intégrité politique, juridique et culturelle de chaque nation. La nécessité de trouver une réponse à cette question est devenue plus aiguë après que deux guerres mondiales aient montré que si les nations d’Europe devaient continuer à jouer un rôle dans le monde, elles ne pouvaient désormais le faire qu’ensemble.

Pour y parvenir, elles devaient toutefois être prêtes à fusionner leurs pouvoirs souverains zélés dans une nouvelle forme de constitutionnalisme transnational. C’est ce qu’a tenté de faire l’Union européenne. Anthony Pagden affirme ici qu’elle n’a pas créé, comme le prétendent ses ennemis, un « super-État », mais un nouvel ordre post-national uni dans une vie politique fondée, non pas sur les vieux shibboleths du nationalisme et du patriotisme, mais sur un ensemble commun de valeurs et d’aspirations. C’est ce qui, selon M. Pagden, permettra à l’Union de vaincre ses ennemis politiques de l’intérieur et de surmonter les difficultés, de la migration de masse à la pandémie, auxquelles elle est confrontée de l’extérieur. Mais elle n’y parviendra que si elle continue à évoluer comme elle l’a fait au cours des deux derniers siècles. »

Parution le 13 janvier

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Augustin Landier et David Thesmar, Le prix de nos valeurs. Quand nos idéaux se heurtent à nos désirs matériels, Flammarion

« Les valeurs morales sont au cœur de nos débats de société. Mais le prix à payer pour défendre ces valeurs est rarement évoqué. Que l’adhésion à un bien moral – l’écologie, la diversité, l’aide aux plus démunis… – dépende de son coût économique nous met mal à l’aise. Nous aimerions pouvoir faire des choix justes et bons « quoi qu’il en coûte ».

Or, précisément, défendre une valeur, c’est accepter d’en payer le prix. Pour avoir de beaux musées et promouvoir notre culture, consentons-nous à payer davantage d’impôts ? Pour préserver le lien social, acceptons-nous de subventionner certaines entreprises ? Souhaitons-nous accueillir plus de réfugiés au risque de saturer les services sociaux ? Les réponses que nous apportons à ces questions dessinent des préférences « économico-morales » aujourd’hui déterminantes dans nos sociétés. Car plus nos démocraties avancent, plus nos choix mettent en jeu à la fois nos intérêts et nos valeurs.

20 livres à lire en janvier 15 livres pour comprendre l’Italie

Ce livre propose, dans une démarche novatrice, d’intégrer la dimension non pécuniaire de nos vies (la liberté, l’identité, l’altruisme, la justice, la culture…) à l’analyse économique. À partir d’une vaste enquête internationale, à laquelle le lecteur peut lui aussi participer, il cartographie les préférences qui sont déterminantes pour comprendre comment tranchent les citoyens. »

Parution le 12 janvier.

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Malika Rahal, Algérie 1962. Une histoire populaire, La Découverte

« En Algérie, l’année 1962 est à la fois la fin d’une guerre et la difficile transition vers la paix. Mettant fin à une longue colonisation française marquée par une combinaison rare de violence et d’acculturation, elle voit l’émergence d’un État algérien d’abord soucieux d’assurer sa propre stabilité et la survie de sa population. Si, dans les pays du Sud, cette date est devenue le symbole de l’ensemble des indépendances des peuples colonisés, en France, 1962 est connue surtout par les expériences des pieds-noirs et des harkis. En Algérie, l’historiographie de l’année 1962 se réduit pour l’essentiel à la crise politique du FLN et aux luttes fratricides qui l’ont accompagnée. Mais on connaît encore très mal l’expérience des habitants du pays qui y restent alors.

D’où l’importance de ce livre, qui entend restituer la façon dont la période a été vécue par cette majorité. L’année 1962 est scandée par trois moments : cessez-le-feu d’Évian du 19 mars, Indépendance de juillet, proclamation de la République algérienne le 25 septembre. L’histoire politique qu’ils dessinent cache des expériences vécues, que restitue finement Malika Rahal au fil d’une enquête mobilisant témoignages, autobiographies, photographies et films, chansons et poèmes. Émerge ainsi une histoire populaire largement absente des approches classiques : en faisant place au désespoir des Français d’Algérie dont le monde s’effondre – désarroi qui nourrit la violence de l’OAS –, elle relate le retour de 300 000 réfugiés algériens de Tunisie et du Maroc, la libération des camps de concentration où était détenu un quart de la population colonisée, ou la libération des prisons, ainsi que les spectaculaires festivités populaires. L’ouvrage décrit des expériences collectives fondatrices pour le pays qui naît à l’Indépendance : la démobilisation et la reconversion de l’Armée de libération nationale, la recherche des morts et disparus par leurs proches, l’occupation des logements et terres laissés par ceux qui ont fui le pays. Une fresque sans équivalent, de bout en bout passionnante. »

Parution le 6 janvier.

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Timothy Tackett, The Glory and the Sorrow. A Parisian and His World in the Age of the French Revolution, Oxford University Press

« Que signifie vivre l’une des périodes les plus transformatrices de l’histoire du monde ? Dans The Glory and the Sorrow, Timothy Tackett répond à cette question en recréant le monde d’Adrien Colson, un petit avocat qui a vécu à Paris à la fin de l’Ancien Régime et pendant les huit premières années de la Révolution française.

Basé sur plus d’un millier de lettres écrites par Colson à son ami le plus proche, ce livre raconte de façon vivante la vie quotidienne d’un « citoyen ordinaire » à une époque extraordinaire, ainsi que la vie d’un quartier d’une petite rue du centre de Paris. Il explore l’expérience réelle et quotidienne d’une révolution : non seulement l’excitation, la joie et l’enthousiasme, mais aussi l’incertitude, la confusion, l’anxiété et les déceptions. Si Colson a rendu compte d’événements majeurs tels que la prise de la Bastille et la fuite du roi à Varennes, sa correspondance souligne à quel point la grande majorité des Parisiens – et sans doute plus généralement de la population française – n’avaient aucunement anticipé la Révolution ; la circulation incessante et la puissance des rumeurs de désastres imminents à Paris, non seulement au cours de l’été 1789 mais continuellement à partir de l’automne 1789 et tout au long de la décennie révolutionnaire ; et la façon dont cela a affecté la psychologie et le comportement populaires. Ce faisant, ce récit démontre comment un Parisien et ses voisins se sont radicalisés au cours de la Révolution. »

Parution le 13 janvier.

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Luciano Canfora, La democrazia dei signori, Laterza

« Comment se fait-il que le pouvoir législatif soit passé de facto entre les mains de l’exécutif, réduisant les fonctions des assemblées élues à de simples tâches de ratification ? Et surtout : un système politique reste-t-il « démocratique » même lorsque le « démos » a disparu ? Ou bien cela devient-il une démocratie des seigneurs ?

Depuis plus de trente ans, l’Italie a vu se mettre en place périodiquement des solutions « irrégulières » aux crises politiques. Ciampi, Monti, Draghi. Depuis quelque temps, les Présidents de la République font comme si la Constitution de la Cinquième République française était en vigueur. On ne peut s’empêcher de se demander si l’une des causes immédiates de cette dérive n’est pas le recours occasionnel et répété à la soi-disant « unité nationale » et l’assemblage conséquent de formations politiques considérées comme antithétiques mais destinées à perdre, au fil de ces expériences, une grande partie de leurs connotations. Le problème inéluctable auquel nous sommes confrontés est le suivant : à quel prix et avec quelle réorganisation de notre rôle international une telle mutation a été produite, et est-elle est irréversible ? »

Parution le 13 janvier.

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Pierre Birnbaum, Les larmes de l’Histoire. De Kichinev à Pittsburgh, Gallimard

« Écrire l’histoire du judaïsme, est-ce narrer le récit d’une vallée de larmes ? Non répondit longtemps un des plus grands historiens du judaïsme, Salo Baron (1895-1989). Né en Galicie, au sein de l’empire des Habsbourg, invité à enseigner à New York en 1926, il découvrit alors ce qu’il pensait être l’exceptionnalisme américain.

Société neuve, les États-Unis n’ont pas connu les Croisades, les affres du Moyen Âge, les malheurs de l’Inquisition, les pogromes de l’Europe de l’Est et de l’empire russe, dont celui de Kichinev en 1903 marqua tous les esprits ; ils ont échappé au pire, à l’expulsion des Juifs européens. Baron en est persuadé, les États-Unis démentent à eux seuls ce qu’il appelle « la vision lacrymale de l’histoire », le récit du destin du judaïsme comme la liste ininterrompue des persécutions et des massacres. Tout au plus les Juifs américains se heurtent-ils à des préjugés, à des barrières sociales dans les clubs et les universités, mais jamais à un antisémitisme théorisé en idéologie politique à l’instar de l’Allemagne et de la France.

Pourtant, en avril 1913 éclate à Atlanta l’affaire Leo Franck, le lynchage d’un Juif accusé du meurtre rituel d’une jeune fille. Première manifestation d’un antisémitisme de haine qui va éclore jusqu’à nos jours, porté par les suprémacistes blancs. Des centaines de synagogues ont brûlé au cours des décennies, jusqu’au massacre de Pittsburgh en 2018 et aux slogans antisémites lors de la tentative de putsch contre le Capitole en janvier 2021.

La romance de l’exceptionnalisme sanctifiée par Salo Baron et à sa suite par les historiens du judaïsme américain se trouve-t-elle ainsi durablement démentie ? Est-ce ici aussi le retour de l’histoire lacrymale ? »

Parution le 6 janvier.

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Guillaume Blanc, Décolonisations. Histoires situées d’Afrique et d’Asie XIXe-XXIe siècle, éditions du Seuil

« Ce livre retrace l’histoire des décolonisations en adoptant un point de vue : celui des Suds. S’écartant d’une rupture chronologique convenue, colonisation-décolonisation, il débute en 1850 pour s’achever en 2013 : de l’invention des continents et des races jusqu’au naufrage des réfugiés partis d’Afrique de l’Est.

Cartes, témoignages et arrêts sur images accompagnent cette synthèse : plutôt qu’un grand récit sur « l’Afrique » et « l’Asie », des histoires situées éclairent la singularité de sociétés africaines et asiatiques. Il en ressort combien nous vivons dans un monde postcolonial : le passé colonial pèse encore sur le présent, mais l’histoire nous permet de le comprendre sereinement. »

Parution le 14 janvier

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Frédéric Charillon, Guerres d’influence. Les États à la conquête des esprits, Odile Jacob

« Quoi de commun entre les panda kissers (les zélateurs de la politique chinoise), la « Poutine mania », les « réseaux » turcs ou qataris, la K-pop (musique pop coréenne), les fondations allemandes, les Instituts Confucius ou les programmes d’invitation « Young leaders » aux États-Unis ? Dans tous les cas, il s’agit d’afficher, de séduire, de convaincre, de trouver des relais, dans une stratégie d’État plus globale qui vise à conquérir les esprits.

Car – c’est la thèse de ce livre – l’influence, et non plus la puissance, est la nouvelle clé pour déchiffrer le jeu des relations internationales. L’influence mobilise des ressources croissantes de la part des États. Elle leur permet de modifier le rapport de force mondial, de contrôler des pays tiers ou d’y prospérer sans entrave.`

On peut dénoncer ces stratégies d’influence comme autant de manipulations inacceptables, pointer du doigt leurs commanditaires, en particulier quand ils pratiquent la nuisance et l’intimidation. Mais elles sont devenues la norme géopolitique.

La France et plus largement l’Europe sont-elles bien armées pour mener ces guerres d’un autre type ? »

Parution le 5 janvier.

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Emily Greble, Muslims and the Making of Modern Europe, Oxford University Press

« De 1878 à la période qui a suivi la Seconde Guerre mondiale, plus d’un million de musulmans ottomans sont devenus citoyens des nouveaux États européens. Dans Muslims and the Making of Modern Europe, Emily Greble suit les fortunes et les malheurs de plusieurs générations de ces autochtones, hommes, femmes et enfants, marchands, paysans et propriétaires terriens, muftis et prédicateurs, enseignants et étudiants, croyants et non-croyants, depuis les villes portuaires des rives de l’Adriatique jusqu’aux villages montagneux des Balkans. S’appuyant sur un large éventail d’archives, des ministères des capitales aux madrasas des villes de province, elle met au jour les négociations des musulmans avec les autorités de l’État – sur les limites de la loi islamique, la nature de la liberté religieuse et la signification des droits des minorités. Elle montre comment leur histoire est celle de l’Europe : les musulmans ont traversé l’histoire turbulente du continent, de l’ordre impérial aux programmes idéologiques du fascisme, du socialisme et du communisme, en passant par les expériences politiques de la démocratie libérale et de l’autoritarisme de l’entre-deux-guerres. Ce faisant, ils ont façonné les grands récits sur lesquels repose aujourd’hui une grande partie du présent fracturé de l’Europe. »

Parution le 27 janvier.

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Shlomo Sand, Une brève histoire mondiale de la gauche, La Découverte

« Qu’arrive-t-il à la gauche ? Est-elle effectivement en train d’agoniser ? Si on n’a cessé, tout au long de sa brève existence, de prononcer son requiem, elle a jusqu’à présent toujours déjoué les pronostics. Pourtant, aujourd’hui, partout dans le monde, les mouvements de la gauche organisée connaissent un déclin important. C’est peut-être qu’il faut y voir le symptôme d’un effacement plus profond et bien plus problématique, celui de l’« imaginaire de l’égalité », qui fut le principal moteur de la gauche mondiale depuis sa naissance au XVIIIe siècle… C’est en tout cas l’hypothèse pour le moins perturbante de ce livre.

Et pour saisir sa pertinence, Shlomo Sand nous propose de remonter aux sources de cet « imaginaire » et d’étudier le façonnement, les transformations et les ajustements de l’idée d’égalité sur plus de deux siècles. Des Diggers de la première révolution anglaise à la formation de l’anarchisme et du marxisme, du tiers-mondisme aux révolutions anticoloniales, des féminismes post-MeToo au populisme de gauche aujourd’hui, ce livre revient en profondeur sur les penseurs et les mouvements qui ont bâti la gauche mondiale. Il montre à la fois les dynamiques globales et transnationales qui les ont animés, souvent en écho les unes avec les autres, la manière dont ils ont pensé l’égalité, mais aussi comment ils se sont heurtés au « mur » de l’égalité réelle et ont pu en tirer, ou non, les leçons nécessaires. »

Parution le 20 janvier.

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Marco Ferrari, La increíble historia de António Salazar, el dictador que murió dos veces, Debate

« Pendant quarante ans, le Portugal et son immense empire colonial ont été dirigés par António Salazar, un homme plein de contradictions. Cet essai retrace les particularités de l’Estado Novo, depuis les années 1930 avec Hitler, Franco et Mussolini, jusqu’à ses derniers jours dans les années 1970. Lorsque le dictateur a été frappé d’incapacité, une impressionnante mise en scène a été orchestrée autour de lui pour dissimuler le fait qu’il n’était plus au pouvoir. Cela comprenait des simulacres de réunions de cabinet, de fausses visites d’État et, surtout, un système médiatique taillé sur mesure pour Salazar, avec des interviews à la radio et à la télévision et des exemplaires de son journal préféré rien que pour lui. Ancien séminariste et créateur d’un subtil système de répression, Salazar s’est sorti de la Seconde Guerre mondiale en cédant des bases aux Alliés dans les Açores et en vendant du matériel aux nazis. Il a construit des pénitenciers sévères sur des îles éloignées et dans d’anciennes forteresses médiévales, et a transformé Lisbonne en une ville pleine d’espions. Le régime corporatiste et autoritaire qu’il a créé a été renversé par la révolution des œillets, qui a ramené le Portugal en Europe. »Parution le 13 janvier.

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Catherine Colliot-Thélène, Le commun de la liberté. Du droit de propriété au devoir d’hospitalité, Puf

« Remontant aux prémisses fondamentales de la théorie kantienne du droit, ce livre établit que le droit de propriété privée, loin d’être pour Kant un droit formel, dont l’effectivité pour chacun serait contingente, est au contraire la condition universelle de la liberté concrète : tout être humain a droit d’avoir un lieu sur terre pour vivre libre. Au siècle suivant, Marx a montré comment l’économie capitaliste a transformé ce droit en un instrument de dépossession qui sépare le sujet, entendu comme une entité abstraite, de ses conditions organiques d’existence. Dans l’espace fini d’une terre entièrement occupée, les logiques de l’économie capitaliste et de la politique des États-nations se conjuguent pour pérenniser cette séparation. Elles sont génératrices d’exclusions qui bafouent frontalement l’universalité du droit à la liberté : entre répression et assistance paternaliste, les politiques publiques visant les pauvres et les migrants dénient dans la pratique à leurs destinataires la qualité de sujet de droits. »

Parution le 19 janvier.

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Vera Michlin-Shapir, Fluid Russia. Between the Global and the National in the Post-Soviet Era, Northern Illinois University Press

« Fluid Russia offre un nouveau cadre pour comprendre l’identité nationale russe en se concentrant sur l’impact de la mondialisation sur sa formation. Cette approche jette un nouvel éclairage sur le cas russe, révélant une identité dynamique qui se développe à l’instar d’autres pays exposés à la mondialisation. Vera Michlin-Shapir montre comment les libertés offertes par l’adhésion de la Russie à la mondialisation dans les années 1990 se sont accompagnées de perturbations liées à cette dernière. Elle décrit l’arrivée au pouvoir de Poutine et son projet de réaffirmer une identité plus forte non pas comme un détournement proprement russe de la démocratie libérale, mais comme faisant partie d’un phénomène plus large de défi à la mondialisation. Elle souligne les limites du régime de Poutine à façonner la politique et la société russes, qui sont encore très influencées par les tendances mondiales. En outre, elle remet en question une approche répandue dans les études sur la Russie qui considère l’expérience de la Russie en matière d’identité nationale comme anormale ou défectueuse, c’est-à-dire trop faible ou trop agressive. Cette étude lie la politique autoritaire et le ralliement nationaliste de la Russie aux défauts de la mondialisation et de l’économie néolibérale, faisant potentiellement de la Russie le « patient zéro » de la vague populiste anti-mondialiste et de la montée des régimes néo-autoritaires. »

Paru le 15 décembre.

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Dawn C. Murphy, China’s Rise in the Global South. The Middle East, Africa, and Beijing’s Alternative World Order, Stanford University Press

« China’s Rise in the Global South examine le comportement de la Chine en tant que puissance ascendante dans deux régions clés du Sud, le Moyen-Orient et l’Afrique subsaharienne. Dawn C. Murphy, s’appuyant sur un travail de terrain approfondi et des centaines d’entretiens, compare et analyse trente années d’interactions de la Chine avec ces régions dans toute une série de domaines : politique, économique, aide étrangère et militaire. De l’initiative « Belt and Road » à la création de nouveaux forums de coopération et d’envoyés spéciaux, il offre un regard approfondi sur l’approche de la politique étrangère de la Chine vis-à-vis des pays qu’elle considère comme ses partenaires dans la coopération Sud-Sud. Intervenant dans le débat émergeant entre libéraux et réalistes sur l’avenir de la Chine en tant que grande puissance, Murphy soutient que la Chine est en train de construire un ordre international alternatif pour interagir avec ces régions. »

Parution le 11 janvier.

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Andrea Porciello, Filosofia dell’ambiente. Ontologia, etica, diritto, Carocci

« Si les êtres humains veulent s’attaquer avec succès à la crise environnementale, en supposant qu’il soit encore temps de le faire, ils doivent repenser l’ontologie dans laquelle ils se sont placés en se percevant comme une partie de la nature, comme l’une de ses expressions infinies de la vie ; et la nature comme un système complexe de relations doté d’une valeur intrinsèque, indépendamment de l’utilité qu’ils peuvent en tirer. Ce laborieux travail de déconstruction et de reconstruction ontologique, qui est à la base de tout tournant vers l’écologie, doit se faire selon un parcours qui concerne d’abord la manière dont les individus se conçoivent et conçoivent le monde, puis les institutions publiques, en premier lieu les institutions juridiques et économiques. Un chemin, donc, qui est en partie interne, dans la mesure où il s’agit d’une prise de conscience écologique, et en partie externe, dans la mesure où il repense la gestion publique des biens communs. »

Parution le 20 janvier.

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Paulina L. Alberto, Black Legend. The Many Lives of Raúl Grigera and the Power of Racial Storytelling in Argentina, Cambridge University Press

“Les célébrités vivent leur vie en dialogue constant avec les histoires qui les concernent. Mais lorsque ces histoires sont façonnées par des mythes racistes durables, elles exercent un pouvoir indu qui ruine des vies et anéantit des communautés. Black Legend raconte l’histoire d’un Afro-Argentin, Raúl Grigera (« el negro Raúl »), qui, au début des années 1900, s’est audacieusement transformé en une séduisante icône noire de la vie nocturne bohème de Buenos Aires, avant que des conteurs diffamatoires ne la déforment. Paulina Alberto expose le pouvoir destructeur des récits raciaux et raconte une nouvelle histoire de l’Argentine noire et de la négritude argentine sur deux siècles. Avec l’extraordinaire Raúl Grigera en son centre, Black Legend ouvre de nouvelles fenêtres sur les expériences vécues de la négritude dans une nation « blanche ». »

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