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Fièvre jaune : qu'est-ce que cette maladie ? comment la prévenir ?

La fièvre jaune est une maladie hémorragique virale grave qui sévit dans certaines régions tropicales du monde. La vaccination, seule arme efficace contre la maladie, est fortement recommandée aux voyageurs de passage en zone endémique. Certains pays conditionnent l’entrée sur leur territoire à l’obtention d’un certificat international de vaccination contre la fièvre jaune.

Définition de la fièvre jaune

La fièvre jaune est une maladie hémorragique virale aiguë présente de manière endémique dans les régions tropicales d’Afrique, d’Amérique du Sud et d’Amérique centrale.

Transmis par des moustiques vecteurs, le virus de la fièvre jaune provoque dans sa forme typique, une hépatonéphrite aiguë (atteinte simultanée du foie et des reins) qui se manifeste par de la fièvre, des céphalées, un abattement, des douleurs musculaires, un ictère (ou jaunisse) et des vomissements.

Dans le monde, cette maladie grave touche environ 200 000 personnes par an pour 30 000 décès, en particulier chez les enfants (source 1).

En France, la maladie peut être importée de manière sporadique et temporaire par des voyageurs ayant séjourné dans des zones d’endémie.

La vaccination est un moyen de prévention efficace et économique. Une seule dose permet de conférer une immunité à vie contre la maladie.

Les causes de cette maladie tropicale

Une maladie virale

Le virus de la fièvre jaune (ou virus amaril) appartient au genre des flavivirus (comme les virus de la dengue, de l’encéphalite japonaise, et de la fièvre du Nil occidental). C’est un virus à ARN monocaténaire très petit (40 nm de diamètre), présentant des variations antigéniques à l’origine de plusieurs souches africaines ou américaines.

Le virus de la fièvre jaune est un arbovirus (ARthropod-Borne VIRUS) ; cela signifie qu’il est transmis par des vecteurs arthropodes hématophages. Ces virus sont donc aptes à franchir la barrière d’espèces et sont souvent à l’origine de zoonoses.

Une maladie du singe transmise par les moustiques

Chez les mammifères, les singes vivant en région tropicale sont les hôtes naturels et asymptomatiques du virus de la fièvre jaune.

Dans ce cycle naturel (ou sauvage), la transmission entre singes se fait par l’intermédiaire des moustiques présents dans les forêts tropicales de ces régions (Aedes en Afrique et Haemagogus en Amérique centrale et en Amérique du Sud).

Dans ces conditions, l’homme peut aussi être infecté par le virus comme hôte « accidentel » de manière exceptionnelle lorsqu’il se déplace dans ces forêts, se fait piquer par les moustiques infectés et développe une fièvre jaune dite « selvatique ».

Des circonstances épidémiologiques

Fièvre jaune : qu'est-ce que cette maladie ? comment la prévenir ?

Des circonstances épidémiologiques peuvent être à l’origine de vagues épidémiques en fonction des conditions environnementales et de l’immunité des populations :

Les symptômes de la fièvre jaune

Une fois le virus inoculé par la piqûre d’un moustique infecté, le délai d’incubation est court : de 3 à 6 jours.

Dans la majorité des cas, l’infection est asymptomatique ou de forme atténuée avec des symptômes grippaux qui disparaissant au bout de quelques jours.

Mais pour certains patients, la maladie évolue en quelques jours vers une fièvre hémorragique grave. Cette forme typique de la fièvre jaune évolue en 3 phases :

- La « phase rouge » apparaît brutalement après les quelques jours d’incubation avec de la fièvre (39°C), des frissons, des céphalées, des douleurs musculaires et un faciès congestif (rougeurs au niveau de la face, du cou et du thorax).À ce stade de la maladie, et dans le cadre d’un diagnostic différentiel, la clinique peut également faire suspecter une grippe, une dengue ou un paludisme.

- Une rémission passagère d’environ 24 heures survient 2 à 3 jours après l’apparition des premiers symptômes avec une baisse transitoire de la fièvre.

- La « phase jaune » est marquée par la réapparition d’une fièvre élevée (40°C) ; elle entraine une hépatonéphrite aiguë (atteinte du foie et des reins) conduisant à un syndrome hémorragique et un ictère cytolytique ou jaunisse (expliquant le nom de la maladie).Le patient peut :

Dans sa forme typique, la fièvre jaune est létale en quelques jours (7 à 10 jours) pour près de la moitié des malades (source 2). Le décès survient après des épisodes de convulsions, de délires et de coma.

Les survivants de la maladie ont une convalescence longue mais sans séquelle.

Toutes les formes curables de l’infection au virus amaril conduisent à une immunité forte et durable (sans doute à vie).

Les conseils de prévention

La vaccination en zone endémique

La vaccination antiamarile est rendue possible par les chercheurs de l'Institut Pasteur de Dakar depuis 1932. Elle est le moyen de prévention le plus efficace pour éviter de contracter la maladie : > 90% de personnes protégées (source 3). Une seule injection permet d’obtenir une immunité protectrice au bout de 10 jours et pour une durée de 30 ans (voire à vie).

Dans les zones endémiques, et notamment celles où l’immunité et la couverture vaccinale sont faibles, le vaccin antiamaril est indispensable pour prévenir ou contrer les épidémies de fièvre jaune :

La vaccination des voyageurs

En France, la vaccination contre la fièvre jaune est obligatoire pour les personnes (adultes et enfants de plus de 12 mois) résidant ou voyageant en Guyane. Autrement, elle est particulièrement recommandée pour les voyageurs se rendant dans des pays à risque.

En outre, certains pays exigent un certificat international de vaccination contre la fièvre jaune pour l’obtention d’un visa et l’entrée sur leur territoire.

Carte des zones d’Afrique touchées par la fièvre jaune (en anglais)Carte des zones d’Amérique du Sud touchées par la fièvre jaune (en anglais)Liste des pays exigeant le certificat de vaccination contre la fièvre jaune

Les contre-indications au vaccin antiamaril

Attention, le vaccin antiamaril est un vaccin vivant atténué, qui en principe est contre-indiqué chez :

Chaque situation doit être envisagée au cas par cas selon les risques d’exposition et devra faire l’objet d’un avis auprès du médecin traitant.

À cet égard, la vaccination et l’obtention du certificat de vaccination contre la fièvre jaune ne peuvent être réalisées que dans un centre de vaccination antiamarile agréé par les autorités sanitaires.

A noter que "le vaccin anti-amaril était autrefois à refaire tous les 10 ans mais depuis 2016, sauf dans certains cas ( dont les enfants de moins de deux, les personnes immuno-déprimées et les femmes enceintes au moment de la première injection) , il est valable à vie", selon la Docteure Schérifa Salifou Laurain, médecin généraliste et mésothérapeute.

Lutte contre les moustiques vecteurs de la maladie

Le risque de transmission peut être réduit en luttant contre les moustiques vecteurs de la maladie. Des mesures de protection individuelles (insecticides, vêtements couvrants, moustiquaires…) peuvent être utiles, mais sont rarement suffisantes.

À lire aussi

Examens : le diagnostic de la fièvre jaune

Un examen clinique non exhaustif

Le diagnostic de la fièvre jaune est difficile, notamment à un stade précoce de la maladie. Sur le plan clinique, d’autres pathologies présentant des atteintes à prédominance hépatique ou rénale peuvent être intégrées au diagnostic différentiel : paludisme, dengue, hépatites, leptospirose, rougeole (chez l’enfant) ou encore d’autres fièvres hémorragiques virales.

Des examens complémentaires requis

Les techniques de laboratoire peuvent confirmer le diagnostic :

Conjointement à la clinique, l’évaluation de ces paramètres biologiques est un élément majeur pour établir un pronostic de la maladie.

Les traitements de cette fièvre hémorragique virale

Le vaccin est le seul moyen efficace de lutter contre la maladie et sa propagation. En outre, les traitements contre la fièvre jaune sont uniquement symptomatiques : ils ne permettent pas la guérison et n’empêchent pas le décès. Toutefois, à défaut d’un traitement antiviral efficace, une prise en charge précoce des patients permet d’améliorer les taux de survie. Celle-ci consiste entre autres :

Remerciements à la Docteure Schérifa Salifou Laurain, médecin généraliste et mésothérapeute, pour ses indications et corrections.

Source 1 : "Fièvre jaune", Institut pasteur

Source 2 : "Fièvre jaune", OMS

Source 3 : "Fièvre jaune", vaccination info service

"Fièvre jaune, dengue, encéphalite japonaise et virose West Nile, 4 arboviroses majeures Yellow fever, Dengue, Japanese encephalitis and West Nile virus infection: four major arbovirus diseases", ABourgeade and al., Science direct

'Le diagnostic de la fièvre jaune', Patrice Bourré and al., Science direct

A lire aussiAuteur : Dora Laty, Journaliste santé bien-êtreExperte : Dre Schérifa Salifou Laurain, médecin généraliste et mésothérapeute Publié le

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